Plafonds micro-entreprise 2026 : les seuils et que faire en cas de dépassement

Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise ont été revalorisés au 1er janvier 2026 : 83 600 € pour les services et les professions libérales, 203 100 € pour la vente. Un dépassement isolé ne te fait pas sortir du régime ; deux années de suite, si.

Mis à jour le 30 septembre 2026·Lecture 4 min·Comment on compare

Les plafonds 2026 par activité

En 2026, tu restes micro-entrepreneur tant que ton chiffre d'affaires hors taxes de l'année civile ne dépasse pas 83 600 € en prestations de services et activités libérales, ou 203 100 € en vente de marchandises, restauration à emporter et hébergement. Ces montants résultent de la revalorisation triennale et s'appliquent de 2026 à 2028, en hausse par rapport aux 77 700 € et 188 700 € de la période 2023-2025.

Pour une activité mixte, deux conditions cumulatives : le CA total ne dépasse pas 203 100 €, et la part de services ne dépasse pas 83 600 €. Un photographe qui vend des tirages et facture des prestations, par exemple, doit surveiller les deux compteurs.

Le CA retenu est celui encaissé dans l'année, pas facturé. Une facture de décembre payée en janvier compte pour l'année suivante. C'est la même logique que pour ta déclaration URSSAF, détaillée dans notre guide déclarer son CA à l'URSSAF.

La règle des deux années

Un dépassement sur une seule année civile n'a aucune conséquence sur ton régime. Tu continues à déclarer et à cotiser en micro l'année suivante, sans démarche. Le régime prend fin uniquement si tu dépasses le plafond deux années civiles consécutives : tu passes alors automatiquement à l'entreprise individuelle au régime réel le 1er janvier qui suit la deuxième année.

Exemple : 90 000 € de CA en 2026 puis 88 000 € en 2027 en services. Tu es en micro sur toute l'année 2027, et tu bascules au réel le 1er janvier 2028. Si tu retombes à 80 000 € en 2027, tu restes en micro et le compteur repart de zéro.

La première année d'activité, le plafond est proratisé au nombre de jours. Une création le 1er septembre 2026 donne un plafond d'environ 27 950 € en services pour 2026. Attention si tu démarres fort avec un gros client : le prorata peut te faire dépasser dès la première année.

Le seuil de TVA, un autre compteur

La franchise en base de TVA est plafonnée à 37 500 € de CA en services et 85 000 € en vente, avec un seuil majoré de 41 250 € et 93 500 €. La réforme qui devait abaisser tout le monde à 25 000 € a été abrogée par la loi du 3 novembre 2025 : les seuils précédents restent en vigueur en 2026. Si tu dépasses 37 500 € une année sans dépasser 41 250 €, tu factures la TVA à partir du 1er janvier suivant ; si tu dépasses 41 250 € en cours d'année, tu factures la TVA dès le jour du dépassement.

Entre 37 500 € et 83 600 € de CA, tu es donc micro-entrepreneur assujetti à la TVA : tu ajoutes 20 % sur tes factures, tu la reverses, et tu peux la récupérer sur tes achats. Ça ne change ni tes cotisations ni ton abattement. Notre guide TVA en micro : franchise, seuils, options détaille les déclarations.

Que faire quand tu approches du plafond

Tu vas dépasser une fois. Ne fais rien de particulier. Continue à déclarer, vérifie ton seuil de TVA, et regarde si le dépassement va se reproduire l'année suivante.

Tu vas dépasser deux années de suite. Anticipe six mois avant le 1er janvier de bascule. Soit tu acceptes le régime réel en entreprise individuelle, avec comptabilité complète et cotisations TNS sur le bénéfice, soit tu crées une société. Notre calcul micro-entreprise ou SASU compare le net en poche à 80 000 € de CA, et notre duel micro-entreprise ou EURL fait de même pour l'EURL.

Tu veux rester en micro. Certains décalent des encaissements en janvier ou refusent une mission de décembre. C'est légal si l'encaissement est réel, mais tu sacrifies du CA pour économiser un comptable. Au-delà de 90 000 € de CA en services, l'abattement forfaitaire de 34 % devient de toute façon moins favorable que la déduction de frais réels pour beaucoup de profils.

Si tu passes en SASU ou en EURL : statuts relus par un formaliste, Kbis sous 8 jours en moyenne, 99 € HT.Créer ma société avec Legalstart

Ce qui ne change pas avec le nouveau plafond

Les taux de cotisation restent identiques quel que soit ton niveau de CA sous le plafond : 25,6 % en BNC libéral non réglementé, 21,2 % en BIC services, 12,3 % en vente. Notre guide cotisations auto-entrepreneur : taux et calcul fait le détail. L'ACRE, la CFE et le versement libératoire suivent leurs propres seuils, indépendants du plafond micro.

La revalorisation de 2026 te donne environ 6 000 € de marge supplémentaire en services par rapport à 2025. Si tu étais à 78 000 € l'an dernier en te demandant si tu devais passer en société, tu as gagné une année pour y réfléchir avec les vrais chiffres.

Questions fréquentes

Quels sont les plafonds micro-entreprise en 2026 ?

83 600 € HT de CA annuel pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC), 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement. Ces montants valent pour la période 2026-2028 ; ils étaient de 77 700 € et 188 700 € de 2023 à 2025.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule année ?

Rien. Tu restes en micro l'année suivante. C'est seulement si tu dépasses deux années civiles consécutives que tu bascules au régime réel le 1er janvier qui suit la deuxième année de dépassement.

Le plafond micro et le seuil de TVA, c'est la même chose ?

Non. Le seuil de franchise de TVA est bien plus bas : 37 500 € en services, 85 000 € en vente. Tu peux donc facturer la TVA tout en restant micro-entrepreneur entre 37 500 € et 83 600 € de CA.

Le plafond est-il calculé au prorata la première année ?

Oui. Si tu crées ton activité le 1er juillet, ton plafond 2026 est de 83 600 × 184 / 365, soit environ 42 150 €. Le seuil de TVA, lui, n'est pas proratisé.