ACRE auto-entrepreneur 2026 : conditions, démarche et gain réel

L'ACRE divise par deux tes cotisations jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant ta création, si tu es demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA, âgé de 18 à 25 ans ou dans un autre cas prévu. Pour les créations à partir du 1er juillet 2026, la réduction tombe à 25 %.

Mis à jour le 30 septembre 2026·Lecture 4 min·Comment on compare

Qui a droit à l'ACRE

Tu es éligible si tu remplis au moins une de ces conditions au moment de la création : demandeur d'emploi indemnisé, ou inscrit à France Travail depuis six mois au cours des dix-huit derniers mois sans indemnisation ; bénéficiaire du RSA ou de l'ASS ; âgé de 18 à 25 ans révolus, ou de moins de 30 ans si reconnu handicapé ou sans droits au chômage ; créateur dans un quartier prioritaire de la ville ; bénéficiaire de la PreParE ; ou titulaire d'un contrat d'appui au projet d'entreprise.

Un salarié qui crée sa micro à côté de son emploi n'est pas éligible par ce seul fait, sauf s'il coche une autre case, l'âge le plus souvent. Notre guide cumuler salariat et micro-entreprise traite ce cas.

Il faut aussi ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des trois années précédentes, et exercer le contrôle effectif de l'entreprise, ce qui est automatique en micro.

Ce que tu paies avec l'ACRE

Pour une création avant le 1er juillet 2026, tes taux de cotisation sont divisés par deux : 6,2 % du CA en vente au lieu de 12,3 %, 10,6 % en services commerciaux et artisanaux au lieu de 21,2 %, 12,8 % en libéral non réglementé au lieu de 25,6 %, 11,6 % à la CIPAV au lieu de 23,2 %. La contribution à la formation professionnelle reste due au taux plein.

Pour une création à partir du 1er juillet 2026, la réduction est de 25 % : 9,3 % en vente, 15,9 % en services, 19,2 % en libéral non réglementé, 17,4 % à la CIPAV. L'exonération s'applique en totalité sur la part de CA correspondant à un revenu inférieur à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 36 045 € en 2026, et de façon dégressive jusqu'à 48 060 €. En pratique, un micro-entrepreneur en première année est rarement concerné par ce plafond.

Notre guide cotisations auto-entrepreneur : taux et calcul détaille ce que couvrent les taux pleins.

Le gain réel sur un exemple

Un consultant en BNC qui crée le 10 janvier 2026 et encaisse 30 000 € sur l'année paie 12,8 % au lieu de 25,6 %, soit 3 840 € de cotisations au lieu de 7 680 €. Gain : 3 840 €. Le même consultant qui crée le 10 juillet 2026 et encaisse 15 000 € jusqu'en décembre paie 19,2 % au lieu de 25,6 %, soit 2 880 € au lieu de 3 840 €. Gain : 960 €, puis encore un semestre d'exonération en 2027.

Un artisan en services BIC à 30 000 € de CA en première année gagne 3 180 € avec le taux à 50 %, 1 590 € avec le taux à 25 %. Un vendeur à 60 000 € de CA gagne 3 660 € puis 1 800 €.

La durée compte autant que le taux. Une création le 1er janvier donne quatre trimestres pleins d'exonération ; une création le 30 mars donne le même terme, le 31 décembre, mais avec un trimestre de moins. Si tu as le choix de ta date, vise le début d'un trimestre civil.

La démarche, étape par étape

Tu déclares d'abord ta micro-entreprise sur le guichet unique, gratuitement, comme expliqué dans notre guide créer sa micro-entreprise gratuitement. L'ACRE ne se demande plus dans ce formulaire.

Dans les 45 jours suivant le dépôt de ta déclaration, tu remplis le formulaire de demande d'ACRE pour les auto-entrepreneurs sur autoentrepreneur.urssaf.fr, avec une copie de ta déclaration de création et le justificatif de ta situation : attestation France Travail, attestation de RSA, pièce d'identité pour l'âge. L'URSSAF a un mois pour répondre ; le silence vaut acceptation.

Si tu rates le délai, c'est perdu pour cette création. C'est la principale raison de payer une plateforme : Legalstart et LegalPlace incluent le dépôt de la demande d'ACRE dans leur formule à 99 € HT, ce qui n'a de sens que si tu crains d'oublier.

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Ce que l'ACRE ne fait pas

Elle ne réduit pas la contribution à la formation professionnelle, ni la CFE, ni l'impôt sur le revenu. Elle ne prolonge pas le délai de 90 jours avant ta première déclaration de CA. Elle ne se cumule pas avec un taux réduit de versement libératoire : celui-ci reste à 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du CA.

Elle ne modifie pas non plus tes droits à la retraite : les trimestres sont validés sur la base du CA déclaré, pas des cotisations payées. Tu cotises moitié moins pour les mêmes droits pendant la période d'exonération.

ACRE et ARE : le cumul

Si tu es demandeur d'emploi indemnisé, tu peux cumuler l'ACRE avec le maintien partiel de ton allocation chômage : France Travail déduit 70 % de ton revenu d'activité (CA après abattement forfaitaire) de ton ARE mensuelle, dans la limite de ton ancien salaire. L'alternative est l'ARCE, qui te verse 60 % de tes droits restants en deux fois, à condition d'avoir obtenu l'ACRE.

Le choix entre maintien de l'ARE et ARCE dépend de ton CA prévisionnel : avec un CA faible la première année, le maintien mensuel rapporte plus ; avec un CA élevé dès le départ, l'ARCE sécurise un capital. Si tu envisages le portage salarial plutôt que la micro, notre guide portage salarial et chômage explique comment l'ARE se cumule dans ce cadre.

Questions fréquentes

L'ACRE est-elle automatique pour les auto-entrepreneurs ?

Non, plus depuis 2020. Tu dois en faire la demande auprès de l'URSSAF avec le formulaire dédié dans les 45 jours suivant ta déclaration de création. Sans réponse sous un mois, elle est acceptée.

Combien de temps dure l'ACRE ?

Jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui de la création. Une création le 15 janvier 2026 donne l'ACRE jusqu'au 31 décembre 2026 ; une création le 15 mars, jusqu'au 31 décembre aussi. Crée en début de trimestre pour en profiter le plus longtemps.

Peut-on avoir l'ACRE deux fois ?

Oui, à condition qu'au moins trois ans se soient écoulés depuis la fin de la précédente exonération. Une radiation suivie d'une nouvelle création dans ce délai ne rouvre pas le droit.

Que change la réforme du 1er juillet 2026 ?

Le taux d'exonération passe de 50 % à 25 % pour les micro-entrepreneurs qui créent à partir de cette date. Les taux réduits deviennent 9,3 % en vente, 15,9 % en services BIC, 19,2 % en libéral non réglementé et 17,4 % à la CIPAV. Les créations antérieures gardent 50 % jusqu'au terme.